Jiaxin QIAN
Comment as-tu découvert la plongée ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de rejoindre la FFESSM et l'ESN Palmers ?
J'ai découvert la plongée assez tard. Quand j'étais petite, mon père avait participé à un baptême de plongée, mais il ne m'avait pas emmenée avec lui.
Moi, j'ai appris à nager seulement vers 25 ans. Après avoir appris la brasse, j'ai commencé à m'intéresser à la plongée.
À cette époque, j'aidais une agence de voyage à rédiger des textes sur la plongée. Et à force d'écrire sur ce sujet, j'ai commencé à avoir envie de découvrir moi-même cet univers.
J'ai ensuite découvert l'ESN Palmers grâce à un ami. Il m'a proposé de participer à une activité du club, et c'est comme ça que j'ai commencé.
Ce qui m'a tout de suite plu, c'est l'ambiance. C'est vraiment comme une grande famille. Les moniteurs sont très attentifs à ta technique et cherchent vraiment à t'aider à progresser.
Après tes niveaux de plongeuse, qu'est-ce qui t'a motivée à passer au monitorat ?
Très tôt, dès mon N1, j'ai commencé à me dire que je pourrais peut-être devenir monitrice. Je l'avais même dit à l'époque au président du club.
Ensuite, j'ai continué à passer mes niveaux année après année, tout en explorant différents environnements.
J'ai plongé en Méditerranée, dans l'Atlantique, notamment en Bretagne et dans la Manche, mais aussi en mer Rouge, en Indonésie et en Martinique avec le club.
Et au fur et à mesure de mon apprentissage, j'ai découvert que j'aimais beaucoup analyser ma propre expérience d'apprentissage, résumer les choses et surtout aider les autres à progresser.
C'est cette envie de transmettre qui est progressivement devenue une vraie motivation pour devenir monitrice.
Pourquoi la FFESSM ? Qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans le monitorat ?
Ce qui m'a particulièrement attirée dans la FFESSM, c'est que ce n'est pas seulement de la plongée technique.
En apprenant la plongée, j'ai découvert tout un univers autour de l'eau : la biologie sous-marine, l'archéologie sous-marine, mais aussi d'autres disciplines comme la nage en eau vive avec support.
J'ai notamment participé à des compétitions de nage en eau vive en Normandie, dans ma catégorie d'âge, avec de bons résultats.
En entrant dans ce club et dans la fédération, j'ai découvert qu'il y avait énormément de choses à apprendre et à explorer autour de l'eau.
Dans la formation FFESSM, j'ai particulièrement apprécié le fait qu'on nous explique pourquoi on apprend telle ou telle chose. On ne fait pas simplement un geste ou une procédure : on comprend son objectif et pourquoi c'est important.
Cela nous donne davantage de connaissances et surtout davantage de confiance pour faire face à une situation imprévue.
En tant que jeune femme et monitrice, comment te sens-tu au sein de la FFESSM ?
Dans notre club, il y a finalement beaucoup de femmes et d'hommes, assez équilibré. Mais parmi les moniteurs, les hommes restent encore largement majoritaires.
Quand j'ai commencé la plongée, j'ai eu la chance d'avoir plusieurs femmes monitrices qui m'ont beaucoup inspirée.
Marie-France, Eloïse, Josiane ou encore Gislaine lui ont montré différentes façons d'enseigner, d'observer et de transmettre sous l'eau.
Aujourd'hui, en tant que femme monitrice, je trouve aussi intéressant de pouvoir apporter ce regard aux élèves féminines.
Et comme le français n'est pas ma langue maternelle, j'ai également une expérience différente de l'apprentissage. Je sais que tout le monde n'apprend pas de la même manière.
Le rôle du moniteur, c'est justement d'observer, de poser des questions, de vérifier et de s'adapter à la personne pour être sûr qu'elle a réellement compris.
Quel est selon toi l'impact de la FFESSM en Île-de-France ?
En Île-de-France, beaucoup de personnes veulent apprendre la plongée parce qu'elles ont envie de découvrir la mer, les rivières, les lacs et cet environnement aquatique qu'on ne peut pas forcément toucher au quotidien.
Mais nous n'avons pas la mer à côté.
Grâce aux clubs et à la FFESSM, on peut justement s'entraîner en piscine et en fosse, ici en région parisienne.
Cela nous permet de construire une base solide, d'acquérir des connaissances et de nous préparer avant d'aller plonger en mer.
Pour moi, c'est une des grandes forces de la FFESSM en Île-de-France : elle permet de se préparer ici pour aller ensuite explorer ailleurs.
Comment arrives-tu à concilier ta passion pour la plongée avec ta vie personnelle ?
Pour moi, la plongée fait vraiment partie de mon quotidien.
Depuis mon N1, je vais au club tous les mardis et tous les jeudis, pour la plongée, l'apnée ou les entraînements en piscine.
Et le troisième vendredi de chaque mois, nous avons aussi un entraînement de fosse.
Cela fait maintenant presque dix ans que ce rythme fait partie de ma vie. Ce n'est plus seulement un sport ou une activité : c'est vraiment devenu un mode de vie.
Quel message aimerais-tu faire passer aux jeunes et aux femmes qui hésitent à se lancer ?
Je leur dirais de garder cette envie de découvrir et d'explorer le monde.
Il faut être curieux, avancer et oser essayer. Mais pour moi, être courageux ne veut pas dire être sans limites.
Il faut aussi savoir écouter son corps. Parce que c'est en prenant soin de son corps qu'on pourra continuer à plonger plus longtemps et faire de la plongée une activité qui nous accompagne pendant des années.
Ta plongée la plus folle ou la plus belle ?
En fait, chaque plongée est différente. Même dans un même endroit, on peut toujours découvrir quelque chose de nouveau.
Depuis que j'ai appris la biologie sous-marine, je regarde aussi les choses différemment.
Il suffit parfois de respirer calmement, de regarder attentivement et de faire attention à ne pas soulever le fond avec ses palmes.
Et là, on peut découvrir des milliers de petites vies juste devant nous.
Avec une simple lampe, on éclaire un petit endroit et on découvre soudainement tout un nouveau monde.
Jiaxin, sous et au-dessus de l'eau
« La plongée, ce n'est pas se jeter dans l'inconnu. C'est se préparer suffisamment pour pouvoir l'explorer. »